Un médecin sur deux concerné par le burn-out : qu’est-ce qui ne va pas ?

Deux psychiatres de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille ont publié début janvier 2019 une étude dans la revue Journal of Affective Disorders dans laquelle ils estiment que 49 % des médecins sont exposés au burn-out. Que se passe-t-il dans le système de santé français ?

Le taux d’exposition au burn-out est deux à trois fois plus élevé pour les médecins en France que pour une autre profession. 5 % des médecins seraient même affectés par une forme sévère de burn-out. C’est en épluchant 37 études scientifiques menées dans plusieurs hôpitaux français entre 2000 et 2017 que les psychiatres en sont arrivés à cette conclusion. Ils se sont par ailleurs appuyés sur les témoignages de 15 000 médecins hospitaliers ou en ambulatoire

Urgentistes en première ligne

Sans réelle surprise, les urgentistes arrivent en première ligne à cause « des troubles du rythme provoqués par la répétition des gardes de nuit, l’alternance de périodes calmes et de coups de chaud, ainsi que l’exposition à des situations de violence et de grande détresse sociale [qui] contribuent à expliquer leur fragilité ». Mais les jeunes médecins ne sont pas épargnés, étant plus exposés que leurs aînés à la « dépersonnalisation », et se voyant souvent confier les tâches et les patients difficiles.

Médecins et patients en danger

« Ce constat est alarmant dans la mesure où le burn-out est une cause majeure d’arrêt de travail, mais également de dépressions, d’addictions, voire de suicide chez les médecins », affirme l’enquête. Or, la dépersonnalisation et le déclin d’accomplissement personnel induits par le burn-out peuvent se traduire par une attitude cynique envers les patients, des erreurs médicales plus fréquentes ou une propension accrue à la prise de stupéfiants.

Pour une démarche globale

Les données recueillies démontrent ainsi le lien fort existant entre les troubles psychologiques professionnels et les dysfonctionnements managériaux ou organisationnels, les uns contribuant à renforcer les autres dans un véritable cercle vicieux, délétère pour l’organisation et ses membres. Après bien d’autres, cette étude confirme combien la prévention des risques psychosociaux ne peut être envisagée que comme une démarche globale dans laquelle l’amélioration de la qualité de vie au travail va de pair avec un renforcement de la qualité du service délivré.

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