Prévention des risques psychosociaux : un levier d’amélioration de la qualité de vie au travail dans la FPT

Entre­tien avec Phi­lippe Mège, Pré­sident d’Im­pact Pré­ven­tion, publié dans le numé­ro hors-série de la lettre d’in­for­ma­tion et d’a­na­lyse Alter­sé­cu­ri­té infos édi­té à l’oc­ca­sion du Salon des Maires 2019. 

Alter­sé­cu­ri­té infos, lettre men­suelle d’in­for­ma­tion sur les risques professionnels.

On s’imagine sou­vent que la fonc­tion publique est moins expo­sée aux risques psy­cho­so­ciaux que le sec­teur pri­vé. Est-ce exact ?

Cette vision relève du cli­ché. Une récente étude du minis­tère de l’Action et des Comptes publics a éta­bli que les agents de la fonc­tion publique ter­ri­to­riale (FPT) sont davan­tage expo­sés aux risques psy­cho­so­ciaux que les sala­riés du pri­vé. Ain­si, 54 % d’entre eux tra­vaillent dans un éta­blis­se­ment décla­rant une expo­si­tion loca­li­sée ou géné­ra­li­sée à la “néces­si­té de tra­vailler dans l’urgence”, contre 30,4 % des sala­riés du sec­teur mar­chand et asso­cia­tif. Et cette forte expo­si­tion se véri­fie aus­si pour la “charge de tra­vail trop impor­tante” (33,6 %), les “ten­sions avec le public” (36,2 %). En rai­son de mul­tiples fac­teurs — contraintes bud­gé­taires, exi­gence crois­sante des admi­nis­trés, déclin du civisme -, la FPT est aujourd’­hui un sec­teur sous tension.

Les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales ont-elles pris la mesure de ce problème ?

Selon l’é­tude minis­té­rielle déjà citée, seuls 39,4 % des agents de la FPT tra­vaillent dans un éta­blis­se­ment dis­po­sant d’un docu­ment unique d’évaluation des risques pro­fes­sion­nels (DUER) mis à jour et incluant un diag­nos­tic des risques psy­cho­so­ciaux, alors qu’il s’a­git d’une obli­ga­tion légale. Cette lacune révèle les dif­fi­cul­tés éprou­vées par de nom­breuses col­lec­ti­vi­tés pour trai­ter un sujet néces­si­tant des com­pé­tences très spécifiques.

Com­ment aidez-vous les col­lec­ti­vi­tés à res­pec­ter leurs obli­ga­tions en la matière ? 

Nous avons mis au point tout un éven­tail de pres­ta­tions sur mesure allant du diag­nos­tic RPS au sou­tien des agents en souf­france, sans oublier la sen­si­bi­li­sa­tion des tra­vailleurs aux RPS. Ces dif­fé­rentes pres­ta­tions per­mettent aux maires et pré­si­dents d’exé­cu­tifs locaux de res­pec­ter leurs obli­ga­tions légales tout en démar­rant une véri­table démarche d’a­mé­lio­ra­tion de la qua­li­té de vie au tra­vail (QVT), gage d’un meilleur fonc­tion­ne­ment de leur col­lec­ti­vi­té. En effet, comme le sou­ligne la Direc­tion géné­rale de la fonc­tion publique (DGFP), il existe “un lien direct entre qua­li­té de ser­vice et qua­li­té des condi­tions de tra­vail des agents”.