La QVT, sujet central des DRH territoriaux

Le 14 juin dernier, l’association des DRH territoriaux organisait une journée de réflexion dont le thème central était qualité de vie au travail. À cette occasion, Philippe Del Socorro, directeur des ressources humaines de Bordeaux et de Bordeaux métropole a expliqué, dans un entretien accordé au site acteurspublics.com, les raisons pour lesquelles la qualité de vie au travail (QVT) est devenue un enjeu incontournable pour collectivités territoriales.

Le métier de DRH n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’il était jadis. “Les missions des DRH dépassent aujourd’hui la simple gestion statutaire et administrative d’autrefois. Nous traitons d’enjeux d’évolution de carrières, de prévention des risques, de rémunération, de discipline, etc. Nos problématiques sont plus qualitatives et davantage humanisées”, explique Philippe Del Socorro.

La QVT au service de l’efficacité

De la sorte, il souligne que, loin de résulter seulement d’obligations légales, la prise en compte de la qualité de vie au travail (QVT) s’inscrit dans des évolutions de fond touchant aussi bien les organisations que la société dans son ensemble. “Les employeurs publics, comme dans le secteur privé, ont relevé l’adéquation entre efficacité et bien-être des personnels” tandis que “la société elle-même a évolué : les attentes des agents ne sont plus les mêmes.” Ainsi, à l’instar des salariés du privé, les agents de la fonction publique “ont besoin, individuellement, d’être davantage entendus et reconnus”.

Hausse de l’exigence

Pour comprendre cette mutation, ne faut-il pas évoquer aussi les changements qui affectent le travail des agents ? “L’exigence et le niveau de service public attendus ont changé sous la pression des citoyens. On demande davantage à nos services publics, la qualité doit être irréprochable sur l’eau, les crèches, les écoles, les transports, les bibliothèques, etc. Cela a forcément un impact sur le quotidien des personnels”, répond Philippe Del Socorro. Un défi de taille dans une période où, parallèlement, la volonté de réduire la dépense publique contraint les budgets.

Terrain favorable aux RPS

Cette situation génère bien sûr une pression accrue sur les personnels et un terrain favorable à la dégradation des conditions de travail. Chacun sait en effet que les risques psychosociaux (RPS) sont grandement lorsque les personnels ont le sentiment de ne plus pouvoir accomplir un travail de qualité, notamment par manque de temps, de moyen ou de compétences adaptées. Autant dire que les situations dans lesquelles les professionnels sont contraints de “faire plus avec moins” sont, par nature, des situations à risque.

La QVT au cœur des politiques RH

C’est pourquoi, interrogé sur la question du bien-être au travail, Philippe Del Socorro la présente aussitôt comme un élément d’une bonne politique de ressources humaines : “Les DRH doivent apporter à leur structure une ingénierie globale en termes de détection des talents et des compétences, de besoins de formation et d’accompagnement collectif ou individualisé tout au long de la carrière.” Et de plaider pour une conception positive et dynamique du bien-être au travail : “Nous sommes tous acteurs de notre qualité de vie au travail et d’un collectif dans lequel on s’insère. Il faut remplacer le ‘je subis, je me plains’ par des actions concrètes au bénéfice de l’ensemble de l’équipe”.

Pour en savoir plus : “La hiérarchie des administrations doit avoir une conscience RH”, entretien avec Philippe Del Socorro, in acteurspublics.com, 14/06/18.
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