Absentéisme au travail : la solution est dans le management !

Selon une étude de l’Institut Sapiens, l’absentéisme au tra­vail coû­te­rait près de 108 mil­liards d’euros à la France chaque année, soit 4,7 % du PIB. L’étude met en évi­dence les pro­blèmes de mana­ge­ment qui sont à l’origine d’un grand nombre d’arrêts mala­die. Pré­ve­nir les risques psy­cho­so­ciaux, c’est donc œuvrer non seule­ment au bien-être des sala­riés mais aus­si à la crois­sance du pays.


L’absentéisme a un coût en France et il est éle­vé. Bien que tenu “caché”, l’étude de l’Institut Sapiens le révèle : 107,9 mil­liards d’euros par an, ce qui est un réel manque à gagner pour les entre­prises, l’État, et la crois­sance éco­no­mique de la nation. “En ordre de gran­deur, c’est presque l’équivalent du bud­get du minis­tère de l’éducation natio­nale qui part en fumée tous les ans.” Ce coût n’est jamais pris en compte et pour­tant, il est consé­quent et élo­quent. Consé­quent au vu des chiffres que nous venons de citer (4 059 euros par sala­rié chaque année) et bien que la dis­pa­ri­té soit forte entre le sec­teur public et le sec­teur pri­vé. Élo­quent, car il met en évi­dence les défauts d’un mana­ge­ment inadapté.

Des problèmes de management

Si les recherches prouvent qu’il existe une part d’absentéisme incom­pres­sible, dû aux congés de mater­ni­té, ou aux épi­sodes de grippe, par exemple, cet absen­téisme “nor­mal” ne repré­sente qu’un tiers du taux d’absentéisme total. Mais pour le reste, l’absentéisme évi­table “a pour cause, dans le pri­vé comme dans le public, dans 99 % des cas, des défauts de mana­ge­ment des per­sonnes”.
“Les modes de mana­ge­ment répan­dus en France, dans les TPE comme les grandes entre­prises, le public comme le pri­vé, res­tent, en effet, infec­tés par l’utilisation ana­chro­nique actuelle des vieux modèles de Fre­de­rick Tay­lor et Max Weber, fon­dés sur une concep­tion, d’un autre âge, cen­trée sur les pro­cé­dures, déper­son­na­li­sée et exces­si­ve­ment spé­cia­li­sée du tra­vail”, estiment les auteurs de l’étude de l’Institut Sapiens. Il faut donc adap­ter les méthodes de mana­ge­ment car “les recherches montrent que les dys­fonc­tion­ne­ments mana­gé­riaux, sources d’absentéisme, s’enracinent tout par­ti­cu­liè­re­ment dans six domaines qui sont les leviers de la qua­li­té de vie au tra­vail : les condi­tions de tra­vail, l’organisation du tra­vail, la com­mu­ni­ca­tion-coor­di­na­tion-concer­ta­tion, la ges­tion du temps, la for­ma­tion inté­grée et la mise en œuvre stra­té­gique (notam­ment les poli­tiques de rémunération)”.

Prévenir les risques psychosociaux

Réduire l’absentéisme passe par une amé­lio­ra­tion de la qua­li­té de vie au tra­vail, expliquent les auteurs de l’étude. Et cela à tra­vers “des ‘négo­cia­tions’ pério­diques, au tra­vers d’un dia­logue fré­quent entre diri­geants ou mana­gers et leurs équipes, por­tant sur un équi­libre accep­table entre les objec­tifs de résul­tats et les res­sources allouées dans les six domaines cités, de l’amélioration des condi­tions de vie pro­fes­sion­nelle.” C’est-à-dire qu’il est dans l’intérêt d’un mana­ger de ne pas deman­der l’impossible à ses équipes, de leur assi­gner un rythme de tra­vail sou­te­nable et com­pa­tible avec une vie pri­vée et de les écou­ter tout autant que de leur four­nir les clés de leur réus­site. Il ne faut pas oublier que les troubles psy­cho­so­ciaux liés au tra­vail sont en constante hausse et que si les acci­dents du tra­vail sont en recul, les affec­tions psy­chiques connaissent, elles, une hausse inin­ter­rom­pue. Les arrêts mala­die étant dans ce cas d’une durée moyenne de 112 jours contre 65 pour tous les autres acci­dents du tra­vail, il est évi­dem­ment dans l’intérêt des entre­prises et de la socié­té dans son ensemble d’offrir aux mana­gers une for­ma­tion solide sur la pré­ven­tion des risques psychosociaux.